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23 Oct 2026

À Ziguinchor, les séminaristes et les prêtres ont besoin de notre soutien

Par le père Yoland Ouellet, o.m.i.

Le 22 octobre, nous sommes en route pour le diocèse de Ziguinchor qui se situe au sud du Sénégal. Il faut être patient : nous faisons six heures de route parfois cahoteuses. On finit par s’y habituer.

Nous passons par la Gambie et faisons tous les arrêts pour les douanes frontières ainsi que les vérifications policières. Ancienne colonie britannique, la Gambie occupe un territoire verdoyant en plein milieu du Sénégal.

Des traces canadiennes sur le sol sénégalais

Nous rencontrons alors Mgr Jean-Baptiste Valter Manga, l’évêque de Ziguinchor qui nous accueille chaleureusement.

Il nous parle fièrement des Canadiens venus du diocèse de Saint-Hyacinthe travailler dans les séminaires que nous aurons la chance de visiter demain. Les abbés Bernard Ménard, Rosaire Fafard, Jean Delante sont parmi ceux qui y ont laissé leur marque ici. Sans oublier les Sœurs de Sainte-Marthe, de Saint-Hyacinthe.

L’évêque est responsable de 33 paroisses, avec 150 prêtres diocésains, en plus des religieux comme les Missionnaires Oblats, les Spiritains, les pères de l’Ordre des Écoles Pies de l’Afrique de l’Ouest.

Mgr Valter me raconte qu’ils ont envoyé 24 prêtres en France en coopération missionnaire, deux en Italie, et deux au Canada. La moyenne d’âge du clergé, il est important de le souligner, est de 35 ans.

Même si les séminaristes sont nombreux, les jeunes qui ne complètent pas le parcours et qui quittent ont reçu une formation solide pour être des chrétiens « solides » en contexte minoritaire. Parmi eux, il y en a qui vont tienir des fonctions civiles importantes.

À Ziguinchor il y a un sanctuaire marial dédié à la patronne du diocèse, Marie-Immaculée, tenu par les Oblats, sous le vocable aussi de Notre-Dame de la Mission. Ce lieu rassemble de grandes foules, la plus grande étant celle des enfants pour la fête de l’Épiphanie.

En ce jour de la fête de saint Jean-Paul II, on y parle de sa visite ici et les mots qu’il avait adressés au peuple : « Vous devez construire ici la demeure de la paix ». De fait, les tribus y vivent en harmonie, en respect mutuel, et ce, depuis des siècles. Pas de guerre en territoire sénégalaise ; on a des légendes appelant à nous accueillir comme des rois, à rire ensemble — ici, on fait référence à la légende des sœurs Aguène et Diambogne qui faisaient un voyage ensemble en pirogue; l’embarcation se brise en deux et leur naufrage les sépare, l’une et l’autre partant à la dérive pour y former deux tribus… Le fait qu’elles aient été deux sœurs renforce le besoin de chercher à bien s’entendre, d’éviter les chicanes ou encore se faire la guerre.

Dans le diocèse de Ziguinchor, les prêtres ne vivent que des intentions de messe. Il n’y a pas d’autre traitement, pas de salaire, et l’évêque peine à en trouver pour ses 150 prêtres qui souvent célèbrent des messes sans intentions. Mgr Valter voit alors que la Mission est portée par l’économie, et nous dit : « La terre ne ment pas, il faut la cultiver et savoir mettre sur le marcher les produits maraichers pour soutenir les besoins du diocèse. » Il opte donc pour la culture du riz, une pratique ancestrale dans cette région marécageuse qui donne sur le fleuve Casamance.

Monseigneur nous dit que le grand problème social est le départ des jeunes qui sont attirés par les grandes villes ou par les pays riches. C’est une des raisons pour lesquelles on cultive moins la terre ici, pourtant si riche.

La peinture du bâtiment cache bien des choses

Le 23 octobre, nous visitons trois séminaires.

Je veux m’attarder sur le Grand séminaire interdiocésain Saint Jean-Marie Vianney, situé proche du village de Brin. Le recteur en charge travaille avec cinq formateurs et dix externes. Ils sont 37 jeunes qui étudient en philosophie. Le séminaire est relié à Rome (Propaganda Fide) depuis 35 ans. Ce qui est important de retenir, c’est qu’ils ont un grand besoin pour restaurer leur bâtiment qui, visiblement, se détériore avec les saisons des pluies.

Une tentative d’autonomie économique est en cours, avec des cultures et l’élevage d’animaux (poulets, porcs, canards, chêvres, etc). Ils attendent l’aide de l’Œuvre de Saint-Pierre-Apôtre pour faire l’état de santé de leur propriété et d’autres grands besoins. Seule la chapelle semble en bon état. Tout pour la gloire de Dieu, dit-on ici.

Cela dit, la peinture du bâtiment cache bien des choses… Le bonheur règne à l’intérieur des murs, et les séminaristes ont de beaux sourires. Joyeux de notre visite, ils nous ont bien fait prier et louer Dieu.

 

 

 

 

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