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22 Avr 2026

En mémoire de moi, pour faire comme j’ai fait

Plongé au cœur de la brousse africaine, ce témoignage vibrant révèle une vérité essentielle : le sacerdoce ne se limite pas à l’autel, il se vit aussi dans le service humble et concret.

Par Fr. René Mailloux, f.m.s

Quand j’étais en Afrique, j’organisais assez souvent des camps de retraite. Avec une vingtaine de jeunes, nous allions passer une fin de semaine sous la tente et on essayait de comprendre et de vivre l’Évangile. Habituellement le dimanche après-midi, un prêtre venait nous célébrer une messe dans les bois et nous terminions ainsi notre petite retraite.

Un jour, à la dernière minute, le prêtre eut un empêchement et on nous envoya un messager pour nous dire que nous n’aurions pas de messe. Alors nous avons décidé de remplacer la messe par un exercice de charité comme l’un de ceux qu’on trouve dans la vie de Jésus. On s’est mis à discuter pour trouver quel acte on pourrait bien faire là près de la petite rivière Mteteshi où nous campions seuls au milieu de la brousse.

Voici ce à quoi nous sommes arrivés : quand Jésus a institué la messe, lors de la dernière cène, il a consacré le pain et le vin puis il a donné aux apôtres le pouvoir de répéter son geste et en faisant ainsi, il s’engageait à devenir sacramentellement présent dans ce pain et ce vin. Le prêtre fait le geste du Christ et les fidèles y communient.

Saint Jean, n’a pas parlé de l’Eucharistie dans son Évangile. Pourtant c’est lui qui écrit le plus grand nombre de pages au sujet de ce dernier souper. Comme les autres évangélistes, il rapporte un geste que Jésus a demandé que l’on répète pour se souvenir de lui. Il a lavé les pieds de ses disciples. « Je suis maître et Seigneur et je vous lave les pieds. Lavez-vous les pieds les uns les autres comme je l’ai fait. » (Jn 13, 14) Nous sommes donc descendus à la rivière, nous avons enlevé nos souliers et nous nous sommes lavés les pieds les uns les autres. Ce fut notre façon de répondre au souhait du Seigneur pour commémorer sa mémoire.

Si saint Jean n’avait pas raconté l’épisode du lavement des pieds, on aurait pu croire que le sacerdoce n’était que pour les prêtres ordonnés. Il a ajouté cet acte d’humble service pour que nous puissions comprendre que nous aussi nous possédons un sacerdoce, celui de tous les baptisés. C’est bien comprendre que le second commandement est égal au premier. Ce lavement des pieds dans la rivière était l’idée d’un jeune et non du missionnaire que j’étais. Quand on devient missionnaire, on apprend beaucoup de choses de nos missionnés.

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